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dimanche 21 avril 2013

Des Mirage 2000D à terre ?

Défense - Deux escadrons de la base aérienne 133 de Nancy-Ochey seraient menacés de fermeture dans le futur livre blanc

Le futur « livre blanc » de la Défense nationale augure-t-il déjà quelques pages sombres à tourner pour la base aérienne 133 de Nancy-Ochey ? Selon certaines sources proches du dossier, les 60 Mirage 2000D de la base seraient, en tout cas, dans la ligne de mire.
Bien sûr, les conclusions de ce livre ne sont pas encore rendues publiques, mais il n’est visiblement un secret pour personne que des coupes budgétaires, orchestrées par Bercy, viseront directement ce secteur hautement stratégique pour notre pays. Et pour cause, le difficile contexte économique actuel, pousserait l’État à réduire grandement la voilure du côté de la Défense en passant de 1,56 % du PIB en 2011 à environ 1,1 % en 2025.

Chasseur bombardier

L’aviation de combat tricolore serait directement impactée en passant à 225 avions (air/marine) contre 300 exemplaires dans le dernier livre blanc, avec, in fine, une grande majorité de Rafale et une large minorité (50 unités) de Mirage 2000D. Or ces aéronefs sont l’apanage exclusif de la base de Nancy-Ochey qui recense actuellement trois escadrons de chasse volant sur Mirage 2000D : 1/3 Navarre, 2/3 Champagne, 3/3 Ardennes. En outre, un quatrième escadron de « Transformation Mirage 2000D », 2/7 Argonne est positionné sur la base.
Le livre blanc pourrait donc clouer définitivement au sol un des trois escadrons de chasse volant, mais aussi le quatrième escadron de transformation du Mirage 2000D. La modernisation complète de ce chasseur bombardier (de nuit comme de jour), lancé dans les années 80, n’étant visiblement plus vraiment à l’ordre du jour.

Remplacé par le Rafale

Et pourtant, celui-ci a maintes fois fait ses preuves au cours des derniers mois sur différents théâtres opération extérieures en Afghanistan, en Libye ou encore plus récemment au Mali. Avion de pénétration et d’attaque au sol tout temps, devenu la véritable force de frappe éclair de l’armée de l’air, le Mirage 2000D est malheureusement amené à laisser sa place d’ici 2025 au Rafale de Dassault, dont les commandes par l’État français avoisinent annuellement la dizaine d’unités.
Contacté hier après-midi, le commandant de la base, le colonel Louis Pena, s’est pour sa part refusé à tout commentaire sur le fond de ce dossier. Impossible à l’heure actuelle de mesurer l’impact direct en terme d’effectifs de la fermeture potentielle de deux des quatre escadrons de la BA 133 de Nancy-Ochey qui compte à ce jour plus de 1800 militaires.

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2013/04/21/des-mirage-2000d-a-terre

vendredi 19 avril 2013

Livre blanc. La Marine nationale redoute un régime sec

La Marine va garder ses sous-marins mais perdre trois frégates. Le nombre de jours à la mer des bâtiments pourrait, selon Le Point, baisser de 20 % en 2014, de 50 % en 2015. Comment alors mener à bien ses missions ?
« Être dans la tempête, c'est la vie des marins ! » dit l'un d'entre eux. Les marins s'y préparent, en ajoutant qu'ils se veulent « sereins ». L'heure des choix approche. Le Livre blanc est à l'heure des derniers arbitrages. De ces grandes lignes stratégiques s'écrira une LPM, Loi de programmation militaire, pour l'été ou pour la rentrée. C'est elle qui donne le détail des décisions prises en termes d'équipements, d'effectifs pour chaque arme.

Le programme
Fremm revu à la baisse

Au chapitre
Marine ? Le chef des armées, François Hollande, a réaffirmé qu'on ne toucherait pas à la dissuasion nucléaire. Ce qui ne pouvait que plaire aux marins. Ils vont garder leurs quatre SNLE, sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. Il y a plusieurs mois, d'aucuns avaient des craintes sur le programme des SNA, sous-marins d'attaque Barracuda (de l'ordre de neuf milliards d'euros) destinés à remplacer les sous-marins de type Rubis. Il sera poursuivi, assure notre confrère Jean Guisnel sur son blog du Point. Le porte-avions, dans la ligne de mire de Bercy, reste bel et bien en flotte. Il y avait de fortes chances pour que le programme Fremm (frégates multimissions), qui porte sur 11 exemplaires commandés dans la dernière LPM (contre 17 prévues au départ), soit encore revu à la baisse. L'étalement est espéré par les industriels. « Il y en aura moins de 11 », nous déclarait, il y a quelques jours, un officier. Ce devrait être huit.

La question sensible des « jours à la mer »

Selon Jean Guisnel, d'âpres discussions ont lieu entre Bercy et la Défense, portant sur le nombre de « jours à la mer » des bâtiments de combat. Ce chiffre baisserait de 20% en 2014 pour chuter à 50% en 2015. Fin 2013, les bâtiments de plus de 1.000 tonnes compteront 97 jours à la mer, ce qui est déjà moins que ce qui était prévu dans la dernière loi de programmation. Pour les moins de 1.000 tonnes, la moyenne est de 88 jours pour 2013. À noter : une opération comme Corymbe, au large de l'Afrique et qui dure quatre mois, consomme l'essentiel du potentiel annuel d'un bâtiment. Moins de jours à la mer, cela veut dire des économies. « Si vous sortez moins votre voiture, et si vous roulez moins, cela veut dire moins de frais de carburant, d'entretien », souligne un marin. La
Marine pourrait-elle, dans ces conditions, mener toutes ses missions ? Pourra-t-elle être présente sur toutes les mers du monde ?

La loi n'est pas encore écrite

C'est l'heure des choix. La loi de programmation n'est pas encore écrite. La
Marine souhaite avant tout maintenir « une cohérence », surtout, dit-on, « ne pas casser l'outil ». « On va courber le dos, lâche un marin, qui ne cache pas que « pendant deux ou trois ans, ce sera difficile ».

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/france/livre-blanc-la-marine-redoute-un-regime-sec-19-04-2013-2075469.php